La vérité concernant les travailleurs en freelance

La vérité concernant les travailleurs en freelance

Il y a six ans, j'ai démissionné de mon CDI. Mes amis me posaient deux questions : 1) Es-tu fou ? 2) Qu'est-ce que tu vas faire de ta vie ?

Des semaines, peut-être même des mois avant ma démission, j'ai décidé que travailler dans un bureau n'était pas pour moi. À ce moment-là, j'avais l'impression que tous les jours se ressemblaient : réunions, appels téléphoniques, agendas, entrées et sorties. C'était une période difficile. Cela me rendait démoralisé, épuisé et désireux de faire ma propre "chose" (je n'étais pas tout à fait sûr de ce qu'était cette "chose" à l'époque). Quand bien même qu'un jour, je me suis dit "Je peux faire ça différemment. Je peux y arriver." C'est ainsi, avec confiance (et naïveté), que j'ai pris mes affaires et que je suis parti.

Mes parents étaient inquiets. Mes amis étaient encore confus.

En 2012, je pensais que la vie en freelance était comme une vacance loin de la vie de bureau, ce qui pour moi (à l'époque) signifiait la liberté de faire ce que je voulais, quand je le voulais, tant que je faisais mon travail. C'était avant que je me renseigne.

Ayant survécu plus d'une demi-décennie en tant qu'écrivain en freelance, j'ai été confronté à de nombreux stéréotypes, y compris l'idée que nous travaillons quand nous le voulons (la réalité est que nous sommes sur les même horaires que tout le monde). Voici une liste des six mythes et idées fausses les plus courants concernant la vie en freelance.


1. Nous acceptons exclusivement les jobs qui nous intéressent pour les personnes avec lesquelles nous voulons travailler.

Tout comme les gens qui occupent des postes de bureau, (parfois) le travail dont nous sommes chargés n'est pas le plus exaltant, éducatif ou stimulant. Bien que de nombreux travailleurs en freelance se soient forgés un réseau de bons clients pour lesquels ils aiment travailler et avec qui il s'entendent bien, cela ne veut pas dire qu'on ne leur confie pas des tâches ennuyeuses. Cela signifie aussi que nous avons encore des personnes difficiles à qui rendre des comptes. Oui, nous pouvons dire non à un job si nous ne voulons pas le faire, mais cela signifie qu'il n'y a pas de salaire. Tout comme un travail de bureau, il y a plus de chances d'être viré si on refuse trop de projets.


2. On travaille quand on veut et on prend des vacances quand ça nous chante.

Bien que nous n'ayons pas besoin d'aller au bureau cinq jours par semaine, la plupart du temps, nous avons le même horaire que nos clients. En résumé : Plus nous avons de clients, plus nous jonglons avec le calendrier. Travailler à distance dans une belle destination, dans un fuseau horaire différent est certainement une option viable pour certains. Cependant, ce n'est pas l'idéal d'amener un ordinateur portable lors d'une randonnée ou sur la plage, ou à de vraies vacances.


3. On traîne à la maison, sur le canapé, en pyjama toute la journée.

Oui, ça arrive parfois. Pour aller au bureau, il faut s'habiller pour de vrai (= professionnellement) et se rendre au travail. Quand on n'a pas de bureau où aller, l'un des avantages est que nous ne sommes pas (parfois) obligés de sortir. Cela dit, certains jours, nous n'avons même pas le temps de nous habiller ou de sortir. Les jobs doivent être finis dès que possible. Bien sûr, il y a des jours où les pauses sont possibles, mais il y a des semaines où nous mangeons des céréales pour le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. (Je sais que je ne suis pas le seul à faire ça). Ce n'est pas parce que nous sommes paresseux, c'est tout simplement le moyen le plus efficace pour faire plus d'heures de travail. Ce qui m'amène au point suivant.


4. Nous voyons nos amis à tout moment, car nous avons des horaires flexibles.

Bien que quelques travailleurs en freelance soient amis avec d'autres personnes ayant des situations de travail différentes de la norme (c'est-à-dire hors d'un bureau), nombreux suivent également l'horaire de leurs propres clients. Rencontrer ses amis est juste un bonus occasionnel. De plus, bon nombre de nos amis (au moins les miens) travaillent dans un cadre traditionnel, alors ils passent habituellement leurs heures de travail avec leurs collègues... au bureau !


5. Nous manquons d'organisation et nous avons beaucoup de temps libre.

Un stéréotype populaire est que nous avons une approche plus détendue envers le travail. C'est tout le contraire. Evidemment, on peut toujours prendre quelques heures pour se détendre, mais cela peut avoir un impact énorme sur nos heures de travail. En manquant d'organisation et de sérieux, on ne s'en sortirait jamais.


6. Ce que nous faisons est un passe-temps, pas une carrière.

Durant mes premières années de travail en solo, mes amis et ma famille me demandaient souvent : "Mais qu'est-ce que tu veux vraiment faire de ta vie ?" comme si je n'écrivais pas des œuvres lues par des millions de personnes et que je ne payais pas mes factures et mon loyer à Manhattan. Aujourd'hui encore, après six ans, cette question revient souvent quand je me fais de nouvelles connaissances. Ils me demandent souvent quels sont mes objectifs, ce que je veux faire après cette "phase" et combien de temps encore je pense qu'elle va durer. Ma réponse est généralement la suivante : j'aime ce que je fais. Je vis une histoire différente chaque jour. Comme beaucoup d'autres, je m'épanouis à l'extérieur d'un bureau. En fait, je suis plus productif (et moins distrait).

Au cours des six dernières années, j'ai interviewé des célébrités comme Brad Pitt, j'ai contribué au New York Times, parmi plus de 45 autres journaux, et j'ai participé à des émissions télévisées nationales sur FOX et CBS, mais le plus important, c'est que malgré les stéréotypes, les difficultés et tous les autres obstacles, je crois fermement que je n'aurais pas pu accomplir tout ça si je n'avais pas été travailleur en freelance. Ce fut beaucoup de travail, beaucoup de sommeil perdu et une histoire incroyable. Et ce n'est certainement pas fini.